Pourquoi parler des cinq éléments en kinésiologie ?
Dans certaines approches de kinésiologie, les connaissances issues de la médecine traditionnelle chinoise servent de grille de lecture complémentaire. Elles proposent de ne pas regarder l’être humain comme une succession de parties indépendantes, mais comme un ensemble en interaction.
La tradition chinoise décrit notamment cinq phases ou « cinq éléments » : le Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l’Eau. Chacun est mis en relation avec des méridiens et avec différentes fonctions du vivant. Le schéma présenté dans l’ouvrage de Charles Krebs montre deux grands cycles : un cycle d’engendrement et un cycle de contrôle. L’idée est celle d’un système dynamique dans lequel les éléments s’influencent mutuellement.
Dans ma pratique, cette vision m’intéresse parce qu’elle rejoint un principe essentiel de mes séances : je ne cherche pas à isoler une manifestation, mais à replacer la personne dans son fonctionnement global.
Les cinq éléments : un modèle traditionnel d’interrelations
Dans la pensée traditionnelle chinoise, les cinq éléments ne sont pas cinq substances au sens moderne du terme. Ils constituent surtout un modèle symbolique permettant de représenter des mouvements, des relations et des équilibres.
Le Bois est traditionnellement associé notamment aux méridiens du Foie et de la Vésicule biliaire ; le Feu au Cœur, à l’Intestin grêle et à d’autres fonctions classées dans l’élément Feu ; la Terre à la Rate et à l’Estomac ; le Métal au Poumon et au Gros intestin ; l’Eau au Rein et à la Vessie.
Ces correspondances appartiennent au cadre théorique de la médecine traditionnelle chinoise. Elles ne doivent pas être confondues avec l’anatomie ou la physiologie biomédicales modernes. Pour moi, elles constituent une grille de lecture complémentaire utilisée dans le cadre de la séance.
Corps, mental et dimension intérieure : ne pas séparer ce qui interagit
Un passage de l’ouvrage de Charles Krebs résume particulièrement bien cette conception : dans la pensée chinoise qu’il présente, le corps physique et l’esprit ne sont pas envisagés comme deux structures totalement séparées.
C’est précisément ce qui fait écho à ma manière de travailler. Une personne n’arrive pas en séance avec seulement « un corps », seulement « une émotion » ou seulement « une pensée ». Elle arrive avec son histoire, son vécu, ses réactions corporelles, son état émotionnel, ses pensées, ses ressources et sa dimension intérieure.
Lorsque je parle de globalité, je parle donc du physique, du mental, de l’émotionnel et, lorsque cela fait sens pour la personne, de sa dimension spirituelle ou existentielle. Il ne s’agit pas d’établir un diagnostic médical à partir d’une émotion, mais de considérer que plusieurs dimensions de l’expérience humaine peuvent se répondre.
Le Cœur : un bon exemple de cette vision globale
Le Cœur est un exemple parlant. Dans le texte de Krebs consacré à la conception chinoise, le cœur n’est pas décrit uniquement à travers sa fonction physique liée au sang. Il possède aussi une dimension symbolique et émotionnelle.
Cette façon de penser est très différente de la médecine occidentale moderne : elle ne signifie pas qu’une émotion particulière « cause » automatiquement une maladie du cœur, ni qu’un méridien équivaut anatomiquement à l’organe portant le même nom.
Elle permet plutôt d’illustrer une idée : dans ce modèle traditionnel, l’être humain est appréhendé à travers des liens entre fonctions corporelles, vécu émotionnel et vie mentale. C’est cette recherche de liens qui peut être intéressante dans une séance de kinésiologie.
Qu’est-ce que l’horloge biologique des méridiens ?
La médecine traditionnelle chinoise décrit également une circulation cyclique du Qi à travers les méridiens. Dans ce modèle, les différents méridiens sont associés à des périodes de la journée où leur activité est traditionnellement considérée comme plus marquée.
C’est ce que l’on appelle couramment l’horloge des méridiens ou horloge biologique chinoise.
En kinésiologie, cette horloge peut être utilisée comme une grille d’exploration. Par exemple, lorsqu’une personne décrit un réveil récurrent, un inconfort ou une manifestation qui revient régulièrement à une certaine heure, je peux tenir compte de cette information dans mon questionnement et dans le déroulement du test musculaire.
Je ne pars pas du principe que « telle heure = telle maladie ». L’horaire est un indice parmi d’autres. Il est remis dans le contexte de la personne, de son histoire et des informations qui émergent pendant la séance.
Concrètement, qu’est-ce que je fais en séance ?
Lorsque j’utilise les cinq éléments, les méridiens ou l’horloge biologique interne, je ne cherche pas à poser un diagnostic. Je les utilise comme des repères au sein de ma pratique de kinésiologie intuitive.
Le test musculaire m’aide à orienter la séance. Selon ce qui se présente, je peux explorer un méridien, une période horaire, un stress émotionnel, une situation vécue ou une autre information pertinente pour la personne.
L’intérêt n’est pas de décider intellectuellement à l’avance de la cause d’un problème. Il est de rechercher des liens possibles et de sélectionner les équilibrations utilisées dans mon champ de pratique.
C’est aussi pour cela que deux personnes présentant une difficulté apparemment similaire peuvent avoir des séances très différentes : leur histoire, leur vécu et leurs réactions ne sont pas identiques.
Pourquoi je considère la personne dans sa globalité
Pour moi, c’est l’un des fondements de la kinésiologie intuitive.
Un symptôme ou un inconfort ne raconte pas nécessairement toute l’histoire d’une personne. Le stress peut être vécu dans le corps, dans les pensées et dans les émotions. Une période de vie difficile peut modifier le sommeil, la tension corporelle, la concentration ou la manière dont une personne réagit à son environnement.
Prendre la personne dans sa globalité signifie donc ne pas réduire son expérience à une seule manifestation. Cela signifie écouter ce qu’elle vit aujourd’hui tout en laissant une place à son histoire, à son ressenti, à son corps, à ses émotions et à ses ressources.
C’est cette vision qui guide mes séances : partir de la personne telle qu’elle est, et non d’un protocole identique appliqué à tout le monde.
Que dit la science moderne de ces concepts ?
Il est important de distinguer le modèle traditionnel de la médecine chinoise des connaissances biomédicales modernes.
Les notions de Qi, de méridiens et des cinq éléments appartiennent à un système médical traditionnel ancien. Elles ne sont pas établies scientifiquement comme des structures anatomiques ou des mécanismes physiologiques au sens de la médecine occidentale.
Cela n’empêche pas certains éléments issus des pratiques traditionnelles chinoises d’être étudiés scientifiquement. L’acupuncture, le tai-chi ou le qigong font par exemple l’objet de recherches, avec des niveaux de preuve variables selon les indications.
Sur mon site, je préfère donc présenter les cinq éléments et l’horloge des méridiens pour ce qu’ils sont dans ma pratique : des grilles de lecture complémentaires qui participent à mon approche globale, et non des outils de diagnostic médical.
Une séance qui relie plutôt qu’elle ne sépare
La figure des cinq éléments illustre finalement très bien ma conception de la kinésiologie : tout y est représenté en relation.
Un élément influence un autre. Un équilibre se construit dans un ensemble. Et lorsqu’une partie du système change, les relations avec le reste du système peuvent également évoluer.
C’est cette idée que je retrouve en séance. Je travaille avec une personne entière : son corps, son mental, ses émotions, son histoire et, si cela correspond à ses croyances et à sa sensibilité, sa dimension spirituelle.
Mon rôle n’est pas de remplacer la médecine ni de diagnostiquer une pathologie. Mon travail consiste à accompagner la personne, grâce aux outils de la kinésiologie et au test musculaire, dans l’identification et l’équilibrage des stress qui émergent au cours de la séance.
À propos de ma pratique
Dans ma pratique de kinésiologue intuitive, j’utilise le test musculaire et différentes grilles de lecture, notamment celles des méridiens et des cinq éléments, lorsque cela est pertinent dans la séance. Mon approche s’intéresse à la personne dans sa globalité et peut intégrer les dimensions corporelle, émotionnelle et mentale ainsi que, selon la sensibilité de chacun, une dimension intérieure ou spirituelle.
Émilie Allétrut
Kinésiologue intuitive certifiée
Muzillac – Morbihan (56)